samedi 11 mars 2017

L'HERNE HOUELLEBECQ

p30
"J'aurais pu être militant, mais j'ai trop d'humour."

p86
On tue aussi les choses anciennes

p105
Roland Barthes "Tout à coup il m'est devenu indifférent de ne pas être moderne"

p115
blague...;oui je vois bien que cela fonctionnera en pratique, mais est-ce que cela fonctionnera en théorie?

p212
"Si vous ne parvenez pas à articuler votre souffrance dans une structure bien définie, vous êtes foutu...La structure est le seul moyen d'échapper au suicide. Et le suicide ne résout rien. Imaginez que Baudelaire ait réussi sa tentative de suicide, à vingt-quatre ans."

p235
Schopenhauer: "La première - et pratiquement la seule -condition d'un bon style, c'est d'avoir quelque chose à dire."

p266
Marin de Viry sur MH
Globalement, il n'a jamais consacré son art à autre chose qu'à me procurer un surcroît de lucidité. En servant son art, il m'a servi. D'autres se servent de leur art pour se servir de moi.

p340
...on s'intéresse à des livres, alors qu'au fond on sait bien que c'est la personne qui vous intéresse...

 

 

lundi 9 janvier 2017

DOSTOÏEVSKI - LES DÉMONS

TOME 1

p146
écrivains

p212
Si tu veux vaincre le monde, vaincs-toi toi même.

TOME 2

p101
...il faut croire que la deuxième moitié de la vie humaine n'est généralement faite que des habitudes forgées dans la première moitié.

p302
Derrière la haine la plus constante qu'elle éprouve envers vous, la haine la plus sincère, la plus complète, ce qui luit à chaque instant, c'est son amour et ...la folie...l'amour le plus sincère et le plus infini et - la folie! Au contraire, derrière l'amour qu'elle ressent pour moi, là aussi sincèrement, à chaque seconde, c'est de la haine qui luit - la haine la plus terrible! Jamais auparavant je n'aurais pu imaginer toutes ces...métamorphoses.

p362
Les esclaves doivent être égaux; sans tyrannie il n'y a encore jamis eu de liberté ni d'égalité, mais l'égalité doit exister dans le troupeau...
(et avant)

p370
C'est quoi le socialisme? On détruit les vieilles forces, on n'en donne pas de nouvelles.

p371
vous êtes beau

p449
l'athéisme total est plus respectable que l'indifférence mondaine

L'athée parfait se tient sur l'avant-dernier degré avant la foi parfaite (qu'il franchisse ce degré ou non) alors que l'indifférent n'a aucune foi à part une mauvaise peur.

TOME 3

p230-231
L'épilepsie


mercredi 18 mai 2016

GEORGES BERNANOS - LA FRANCE CONTRE LES ROBOTS





p81
Or, je ne suis nullement "passéiste"... Il est vrai que j'aime profondément le passé, mais parce qu'il me permet de mieux comprendre le présent - de mieux le comprendre, c'est-à-dire de mieux l'aimer, de l'aimer plus utilement, de l'aimer en dépit de ses contradictions et de ses bêtises...

p82
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. Hélas! la liberté n'est pourtant qu'en vous, imbéciles!

p103
L'expérience m'a depuis longtemps démontré que l'imbécile n'est jamais simple, et très rarement ignorant. L'intellectuel devrait donc nous être, par définition, suspect? Certainement. Je dis l'intellectuel, l'homme qui se donne lui-même ce titre, en raison des connaissances et des diplômes qu'il possède. Je ne parle évidemment pas du savant, de l'artiste ou de l'écrivain dont la vocation est de créer - pour lesquels l'intelligence n'est pas une profession, mais une vocation....L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire.

p105
Le cerveau de l'imbécile n'est pas un cerveau vide, c'est un cerveau encombré où les idées fermentent au lieu de s'assimiler, comme les résidus alimentaires dans un colon envahi par les toxines. Lorsqu'on pense aux moyens chaque fois plus puissants dont dispose le système, un esprit ne peut évidemment rester libre qu'au prix d'un effort continuel. Qui de nous peut se vanter de poursuivre cet effort jusqu'au bout? Qui de nous est sûr, non seulement de résister à tous les slogans, mais aussi  à la tentation d'opposer un slogan à un autre?

p112
...l'État Technique n'aura demain qu'un seul ennemi: "l'homme qui ne fait pas comme tout le monde" -ou encore: "l'homme qui a du temps à perdre"...

p115
Etre informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles. Toute la vie d'un de ces infortunés ne suffirait pas probablement à lui permettre d'assimiler la moitié des notions contradictoires qui, pour une raison ou pour une autre, lui sont proposées en une semaine.

p116
L'homme n'a de contact avec son âme que par la vie intérieure, et dans la Civilisation des Machines la vie intérieure prend peu à peu un caractère anormal. Pour des millions d'imbéciles, elle n'est qu'un synonyme vulgaire de la vie subconsciente, et le subconscient doit rester sous le contrôle du psychiatre.
(+ la suite)

lundi 9 mai 2016

ANTONIN ARTAUD - LE THEATRE ET SON DOUBLE

p127
Quels que soient les conflits qui hantent la tête d'une époque, je défie bien un spectateur à qui des scènes violentes auront passé leur sang, qui aura senti en lui le passage d'une action supérieure, qui aura vu en éclair dans des faits extraordinaires les mouvements extraordinaires et essentiels de sa pensée, - la violence et le sang ayant été mis au service de la violence de la pensée, - je le défie de se livrer au-dehors à des idées de guerre, d'émeute et d'assassinat hasardeux.

p133
...De même que nos rêves agissent sur nous et que la réalité agit sur nos rêves, nous pensons qu'on peut identifier les images de la poésie à un rêve, qui sera efficace dans la mesure où il sera jeté avec la violence qu'il faut. Et le public croira aux rêves du théâtre à condition qu'il les prenne vraiment pour des rêves et non pour un calque de la réalité; à condition qu'ils lui permettent de libérer en lui cette liberté magique du songe, qu'il ne peut reconnaître qu'empreinte de terreur et de cruauté.

p140
L'HUMOUR-DESTRUCTION

p141
Le théâtre ne pourra redevenir lui-même, c'est-à-dire constituer un moyen d'illusion vraie, qu'en fournissant au spectateur des précipités véridiques de rêves, où son goût du crime, ses obsessions érotiques, sa sauvagerie, ses chimères, son sens utopique de la vie et des choses, son cannibalisme même, se débondent, sur un plan non pas supposé et illusoire, mais intérieur.

p146
LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE
Ils seront employés à l'état d'objets et comme faisant partie du décor.
...produire des sons ou des bruits insupportables, lancinants.

p158
Du point de vue de l'esprit cruauté signifie rigueur, application et décision implacable, détermination irréversible, absolue.

p169
Il semble encore et c'est bien d'une volonté semblable que le théâtre est sorti, qu'il ne doive faire intervenir l'homme et ses appétits que dans la mesure et sous l'angle sous lequel magnétiquement il se rencontre avec son destin. Non pour le subir, mais pour se mesurer avec lui.


p187
...et l'inquiétante et mystérieuse Dulle Griet de Brueghel le Vieux où une lueur torrentielle et rouge, bien que localisée dans certaines parties de la toile, semble sourdre de tous les côtés, et par je ne sais quel procédé technique bloquer à un mètre de la toile l'oeil médusé du spectateur.
(+la suite)




p189
Avoué ou non, conscient ou inconscient, l'état poétique, un état transcendant de vie, est au fond ce que le public recherche à travers l'amour, le crime, les drogues, la guerre ou l'insurrection.

p198

Théâtralement, le problème est de déterminer et d'harmoniser ces lignes de force, de les concentrer et d'en extraire de suggestives mélodies.
...arriver à noter ou à chiffrer, comme sur une partition musicale, ce qui ne se décrit pas avec des mots.


p199
Un athlétisme affectif
Le souffle!!!


p229
Quand je vis je ne me sens pas vivre. Mais quand je joue c'est là que je me sens exister.

mercredi 4 mai 2016

Passion dévastatrice ou Amour salvateur?

mercredi 13 janvier 2016


vendredi 11 décembre 2015

Il faut être absolument postmoderne.

lundi 30 novembre 2015

Ultima Necat II




1986

p88
Au fur et à mesure que ton corps se décompose et s'use, tes oeuvres doivent s'élever, de plus en plus vives, électriquement jeunes et fraîches. Tu ne doit pas te laisser intimider par ce que disent les évidences statistiques, médicales. Tu ne doit pas laisser vieillir la langue qui passe par toi, comme si elle en venait. Elle n'en vient pas. Tu ne dois pas, donc, trop la laisser se contaminer par ta propre dégradation biologique. Tu dois démontrer que la littérature est la contradiction de la biologie.

p95
Ne jamais oublier que le génie sombre dans la folie quand il veut le bonheur à la place du génie.
L'être médiocre, normal, lui, devient fou quand il se met à prétendre au génie alors qu'il n'a droit qu'à la recherche du bonheur.

p97
Il y a un moment où il faut choisir de larguer tout le bagage, tout le stock qu'on possède ou pas. Au profit de l'instant qui mugit. L'instant qui mugit est impressionnant. C'est tout le monde. Je comprends qu'on préfère être avec tout le monde à la surface de l'instant qui n'a pas de sens, que d'être comme moi tout seul avec mon stock qui n'intéresse personne.

p104
L'un de mes drames, depuis que je dérive, est de donner systématiquement raison aux autres, à tous les autres, contre moi. À tous les livres des autres contre le mien. Au talent des autres. Donner raison aux autres, c'est se laisser limité par eux.

p188
Tocqueville
...on prenait mon mécontentement de moi, mon ennui et ma réserve pour de la hauteur, défaut qui fait plus d'ennemis que les plus gros vices...

p196
L'amour c'est la complicité effervescente, rieuse, dans le malentendu constaté...

1987

p234
Stendhal: "Je n'écris que pour cent lecteurs, et de ces êtres malheureux, aimables, charmants, point hypocrites, point moraux, auxquels je voudrais plaire; j'en connais à peine un ou deux.

p268
...Schopenhauer disant que le génie vise un but que les autres ne peuvent même pas voir (alors que le talent vise un but que les autres ne peuvent pas atteindre). p330
Tocqueville sur le Coran et l'Évangile

p347
On pourrait penser que la musique - pour l'auditeur des approches de l'an 2000 - joue un rôle analogue à celui du "repos", du "ne rien faire", du loisir - seul bonheur de l'homme du ressentiment, dit Nietzsche, qui voit dans cette passivité l'unique moyen pour lui de ne plus être, provisoirement, rongé par la vengeance...

p378
Je reconnais quelqu'un qui a "aimé" mon livre à ce qu'il me demande des nouvelles du volume suivant.
Sinon, mêmes les éloges signifient toujours: bon, ça va, c'est fait, n'en parlons plus.

1988

p393
Malraux parle de la différence qu'il y a entre notre propre voix enregistrée (nous revenant par les oreilles) et cette voix telle que nous l'entendons lorsqu'elle sort de notre gorge au moment où nous parlons. Voilà ce que j'ai essayé de mettre au point: une formule d'intériorisation systématique du récit. Que la voix de chaque personnage vienne de sa propre gorge au moment où il s'exprime. Que chacun de ses gestes...soit raconté de l'intérieur de lui-même - cet intérieur sortant en même temps du narrateur.

p408
J'aime particulièrement la façon dont elles balaient l'espace avec leur cul....J'aime la parabole décrite par leurs fesses quand elles marchent sur le trottoir...ce serpentement alternatif.
On dirait qu'elles baisent l'espace.

p443
Transcription du journal de mon père

p459
Ce que je pourrais dire à...

p464
L'imposture de l'art moderne n'existerait et ne subsisterait que fondée sur une culpabilité générale et rétrospective (on s'est moqué de l'Olympia, on a poussé Van Gogh au suicide, on n'a cessé de se tromper durant tout le XIXe siècle à propos des véritables novateurs, etc,).

p467
...

p480
La vie est divisée, la vie sera éternellement divisée. Qui ne vit pas de la division périra par la division.
Tu dois accepter la division. Rien ne sera jamais comme tu le veux. La vie est la division comme la vie est le triomphe minuscule et permanent contre la maladie. La division est le contraire de la mort, c'est pourquoi la fusion androgynique platonicienne que tu me proposais me paraissait mortelle puisque la mort, comme dans toutes les entreprises mortelles ou mortifères, n'y était pas incluse.

p483
Conseil aux femmes...

p498
Au fond, les femmes depuis toujours représentent une sorte d'Orient (le flou, le vague, la dérive plus ou moins occultiste, la musique, le sentiment préféré à la pensée, l'éternel retour) pour moi qui suis l'Occident (la raison, l'art, l'ironie, la négativité cogitante, le doute, la verticalité critique, la radicalité athée), c'est comme ça et seulement comme ça que je les aime.

p514
La plupart des gens se contentent d'être là, de s'imposer dans leur lourdeur native et obtuse, de stagner sur la terre sans jamais être visités par l'idée qu'ils auraient pu aussi bien ne pas être. Comme s'ils allaient de soi! L'écrivain, lui, sait très bien qu'il ne va pas de soi. Il entreprend donc de se rendre nécessaire de bout en bout, depuis sa naissance jusqu'à sa mort. C'est aussi la raison pour laquelle toute grande oeuvre est une critique de la prétention des autres à être sans l'avoir mérité.


p517

L'acte réactif consiste à repousser la connerie, à essayer de la démolir, de la détruire; l'acte inclusif consiste à l'accueillir et à la bercer ironiquement dans son propre texte.


p546

Article 1 de la catéchèse crétinisante moderne: c'est l'acte d'oeuvrer qui compte et pas l'oeuvre
...

p560
Si vous n'avez jamais vu des flammes cramer un bout de plastique en le recroquevillant avec des craquements, vous ne pourrez jamais imaginer comment elle jouissait.

vendredi 4 septembre 2015


mardi 27 janvier 2015

SOUMISSION






p91
Vêtues pendant la journées d'impénétrables burqas noires, les riches Saoudiennes se transformaient le soir en oiseaux de paradis, se paraient de guêpières, de soutiens-gorge ajourés, de strings ornés de dentelles multicolores et de pierreries; exactement l'inverse des Occidentales, classe et sexy pendant la journée parce que leur statut social était en jeu, qui s'affaissaient le soir en rentrant chez elles, abdiquant avec épuisement toute perspective de séduction, revêtant des tenues décontractées et informes.

p154
Concernant la restauration de la famille, de la morale traditionnelle et implicitement du patriarcat, un boulevard s'ouvrait devant lui, que la droite ne pouvait pas emprunter, et le Front national pas davantage, sans se voir qualifiés de réactionnaires, voire de fascistes par les ultimes soixante-huitards, momies progressistes mourantes, sociologiquement exsangues mais réfugiés dans des citadelles médiatiques d'où ils demeuraient capables de lancer des imprécations sur le malheur des temps et l'ambiance nauséabonde qui se répandait dans le pays; lui seul était à l'abri de tout danger. Tétanisée par son antiracisme constitutif, la gauche avait été depuis le début incapable de le combattre, et même de le mentionner.
p218
Nietzsche avait vu juste, avec son flair de vieille pétasse, le christianisme était au fond une religion féminine.

p250
"-...Les seuls vrais athées que j'ai rencontrés étaient des révoltés; ils ne se contentaient pas de constater froidement la non-existence de Dieu, ils refusaient cette existence, à la manière de Bakounine: "Et même si Dieu existait, il faudrait s'en débarasser...", enfin c'étaient des athées à la Kirilov, ils rejetaient Dieu parce qu'ils voulaient mettre l'homme à sa place, ils étaient humanistes, ils se faisaient une haute idée de la liberté humaine, de la dignité humaine. Je suppose que vous ne vous reconnaissez pas, non plus, dans ce portrait?"
    Non, là non plus, en effet; rien que le mot d'humanisme me donnait légèrement envie de vomir, mais c'était peut-être les pâtés chauds, aussi, j'avais abusé; je repris un verre de Meursault pour faire passer.

p252
N'y a t'il pas au fond quelque chose d'un peu ridicule à voir cette créature chétive, vivant sur une planète anonyme d'un bras écarté d'une galaxie ordinaire, se dresser sur ses petites pattes pour proclamer: "Dieu n'existe pas"?

p260
À propos d'Histoire d'O
"L'idée renversante et simple, jamais exprimée auparavant avec cette force, que le sommet du bonheur humain réside dans la soumission la plus absolue..."

(+la suite)

ULTIMA NECAT Tome I








1980

p89
Pour faire une œuvre, seul compte formellement le principe de dilatation.

p93
Je ne dis pas comme Dostoïevski: puisque Dieu est mort, tout est permis. Je dis: puisque tout est fini, Dieu est permis.

p98
Marc-Aurèle, Pensées, 14: "Mourir,c'est perdre le présent, qui est un laps de temps infiniment bref. Personne ne perd le passé ni l'avenir, car on ne peut enlever à personne ce qu'il n'a pas."

p104
Il faudrait tout de même que je commence à n'être plus timide et à m'approprier mes propres idées avant que d'autres ne le fassent.





1981

p129
 Ma tête n'est pas très solide; elle est faite, comme celle des autres, pour recevoir dans sa vie entière cinq ou six informations, ainsi que cela se passait autrefois, et depuis toujours. Mais voilà qu'elle est bombardée de milliers de messages, chaque jour, et qu'elle ne s'y adapte pas. Elle est comme ces monuments, ces ruines arrêtées, qui se sont dressées pendant des siècles au milieu de terrains vagues et qui, aujourd'hui, sont coincées entre divers assauts,fer, béton, asphalte, manifestations variées de la technique, tenailles de l'oubli.

Moi qui ne suis pas, qui ne serai probablement jamais musicien, je pense immédiatement à des comparaisons musicales quand je pense à mon roman...

p130
Tenter de produire un aimant. Surmagnétiser le pôle, de sorte que la limaille du monde y soit attirée de plus en plus facilement. Les intenses dispersions de nos temps modernes imposent ce genre de rêve.

p140
...un peu de culture rapproche de la gauche, beaucoup en éloigne...





1982

p161
"Malheur à qui ne se contredit pas au moins une fois par jour" (Ecclésiaste)

p162
En somme, se faire aimer de la gauche puis se dévoiler. À partir de ce moment-là, on devient inoubliable.
    Un des préceptes fondamentaux pour accéder à l'immortalité.
(Et à la persécution)

p188
"Sans individus, c'est-à-dire sans répartition des possibles, il ne pouvait y avoir de temps" (Bataille). Et le temps, dit-il, c'est le désir, et le désir, c'est que le temps ne soit pas, et que le temps ne soit pas c'est le désir que les individus n'existent pas. Le tout ne veut pas le temps.

p202
Les morts-vivants pèsent d'un poids très agréable et très léger sur les vivants-morts





1983

p314
"Seuls les "grands" succès sont des succès de masse, et l'on ne comprend même plus que tout succès de masse ne peut être qu'un petit succès: car pulchrum est paucorum hominum [le beau appartient au petit nombre]." La conscience individualiste élimine les très grands hommes au profit des talents reconnus au milieu d'une collectivité d'hommes à peu près égaux. Or, dans nos civilisations tardives et raffinées, tout le monde a un peu de talent "et peut s'attendre à recevoir la part d'honneur qui lui est due".

p322
Le roman est périssable.
Comme le Monde. Comme l'Occident. Qui est ce que le Monde a de mieux en fin de compte.
Il est menacé par tout ce qui ne veut ni de l'ambiguïté ni de la relativité. Par tout ce qui veut l'Harmonie.
Par la pensée totalitaire.
Il est le doute, l'ironie, le suspens, la question, l'humour. L'inconciliabilité.  L'esprit. Le paradoxe. Le jeu. La liberté.

p341
Appétit de merveilleux de l'enfance opposé à l'esprit critique. "N'importe quel merveilleux est beau"...

p382
Comment ce qu'on porte sur soi sans mystère pourrait-il devenir chez un autre un objet de secret infini et pétrifiant, sinon au prix d'une immense falsification?

p384
Impression de misère hier soir à Beaubourg (lecture par deux comédiens et par H. lui-même de fragments de son livre). Fin absolue de tout ça. De ce type de littérature comme de ce genre de manifestations qui n'amène dans la salle que quelques amis emmerdés qui préfèreraient être chez eux en train de regarder la télé, et quelques semi-clochards poétisants.





1984

p403
Pourquoi je suis presque systématiquement et intuitivement du côté des vaincus. Raisons qu'il y a de se ranger du côté de ce qui meurt...Si je suis du côté de ce qui triomphe, je suis heureux mais je disparais. Si je suis du côté de ce qui disparaît, je suis malheureux mais je me laisse une chance de résister à la disparition. Si je suis avec le monde, je suis le monde. Si je suis contre le monde, je m'en différencie. La solitude la plus intense accompagne cette différenciation.

p414
égalité

p434
...Je dois mettre les possibilités d'humour du lecteur de mon côté...D'autre part, la fureur et les propositions insoutenables doivent être contrebalancées par la tendresse. Il faut trouver le ton pour ça. Sinon, pas de passeport..

Les couples usés jusqu'à la corde vivent sur un programme commun d'angoisse qui les excite perpétuellement de façon malsaine. Le repos passager d'un des partenaires paraît insupportable à l'autre qui s'empresse de le briser le plus rapidement possible. Ainsi: l'enfer est permanent au prix d'efforts conjoints et harmonieux. Les seuls moments de paix viennent de l'épuisement des forces de l'un et de l'autre, ils ne peuvent donc arriver qu'au terme de scènes atroces qui laissent "pantelants" l'homme et la femme provisoirement...





1985

p543
Cauchemar cette nuit trop beau pour ne pas être noté... I., fils ainé de N., est là aussi, en train de foutre le bordel un peu partout; je l'engueule mais ensuite le félicite, il vient de publier un livre (ce livre, c'est celui de Nabe que je viens de lire!!) qu'il ne m'avait évidemment pas fait lire en manuscrit, je lui dis qu'il a énormément de talent (ce que je pense de Nabe), mais qu'il doit faire attention de ne pas tomber dans toutes les conneries (antisémitisme) où il vient de tomber.

p544
Le seul critère en fin de compte pour savoir en cours de route si ce que vous écrivez tient le coup, c'est le test télé...N'importe quel film minable du soir vous paraît-il plus chatoyant, agité, captivant, que ce que vous êtes en train d'inventer? Plus sexuellement désirable, sensible, éclatant? N'hésitez-pas alors, ça va mal, vous êtes sur la mauvaise pente, votre livre ne tient pas devant la non-vie agitée télé.

p545
La poésie qu'on croit l'expression brute du génie humain en est la décadence lamentable.

Or c'est la mort des hommes réels qui produit l'effet que produit au cinéma la mort des vampires imaginaires.

p546
Si je n'éprouve jamais, envers ceux qui ont plus de succès que moi, le ressentiment de presque tout le monde, ce n'est évidemment pas par grandeur d'âme. Quoi alors? Je crois que c'est parce que je me suis toujours, en dépit de la réalité, pensé comme un vainqueur...Ce n'est donc pas par générosité que le ressentiment m'est inconnu, c'est par illusion. Par capacité de projection de moi-même dans un avenir de réussite. Par capacité de futuration optimiste (ou parano).

p559
Céline: "Il faut se dégoûter soigneusement des autres avant d'être bien fixé soi-même sur ce qu'on peut faire."

p575
L'opération socialiste "Touche pas à mon pote" uniquement soutenue par les lycéens. Il n'y a plus qu'eux qu'on peut faire descendre dans la rue. Sans idéologie puisqu'il s'agit d'enfants. Avec des trucs d'enfants. Ballons, musique, podiums, concerts. Et un seul mot d'ordre -antiracisme- absurde puisqu'il tombe sous le sens.
Dans un pays où il n'y a plus d'idéologie, tout se passe comme dans les pays où l'idéologie a triomphé (les totalitaires): les adultes disparaissent, l'enfant monte au premier plan (jeunesse hitlérienne, gardes rouges, etc. - enfants dénonciateurs des parents...) même si la cause, dans ce cas paraît juste, sainte, c'est la même logique qui innerve le mouvement.

Note d'une infinie banalité. Quand j'ai peur de ma mort, c'est que je crois que c'est moi qui serais mort. Or je ne m'emporterai pas dans la tombe.

p576
Pour une fois, je suis d'accord avec Breton quand il disait qu'on doit se taire si on cesse de ressentir.


lundi 27 octobre 2014

C'est cela aussi, en tout temps, être un moderne: prendre la société comme elle veut être prise. (François Taillandier, Les Nuits Racine, p186)

jeudi 28 août 2014

« Il n’est sans doute pas facile, même pour le créateur lui-même dans l’intimité de son expérience, de discerner ce qui sépare l’artiste raté, bohème qui prolonge sa révolte adolescente au-delà de la limite socialement assignée, de l’ « artiste maudit », victime provisoire de la réaction suscitée par la révolution symbolique qu’il opère. «  (P. Bourdieu)

mercredi 4 juin 2014

mercredi 7 mai 2014

...si l'on agresse le monde avec une violence suffisante, il finit par le cracher, son sale fric; mais jamais, jamais il ne vous redonne la joie. (M.H. La possibilité d'une île)

mercredi 2 avril 2014



    Muray aura détesté avec délectation notre époque, son hygiénisme, son technicisme, son pacifisme, son festivisme, son droit-de-l’hommisme, tous les jolis prétextes sous lesquels elle abrite son inculture, son oubli du passé, et plus encore : sa démission, sa panique devant le devoir d’être humain, d’assumer les vieux démons de l’homme et sa blessure constitutive. Il l’aura dit inlassablement, infatigablement, avec une éloquence et une vigueur qui l’égalent aux plus grands polémistes.

    Pourtant, et même lorsqu’un certain jeu médiatique a cherché à l’y réduire, Philippe Muray n’était pas le bougon de service, le « réac » toujours disponible, le ronchon authentifié. Lui qui haïssait les rebelles professionnels et autoproclamés, ne s’est pas résumé à la posture symétrique. Quand on aura lu, vraiment lu Philippe Muray, on découvrira bien mieux que ça. On découvrira un écrivain, descendant en droite ligne de Balzac et de Flaubert, de Voltaire et de Léon Bloy. Le travail unique et obstiné de Philippe Muray a consisté à élever, face au discours enveloppant et omniprésent de notre époque, un contre-discours, un rempart, une réponse. Une réponse inlassable. Intarissable. Précise. Au scalpel. Son oeuvre est un monument littéraire, et littéraire d’abord. Un formidable parapet, une digue, contre un seul péril en définitive : la pollution du langage. Non, Philippe Muray n’était pas un chroniqueur, un éditorialiste, un faiseur de tribunes ! C’était un écrivain. C’était une voix. Chapeau bas, s’il vous plaît.

    Ceux qui le réduisaient à un rôle d’idéologue, ceux qui voulaient l’enfermer dans un rôle de fournisseur de discours, n’ont sans doute pas lu Minimum Respect, un recueil de poèmes parodiques, ironiques, dans lequel cet homme plein de pudeur et d’élégance, qui n’a jamais accepté d’afficher son coeur en bandoulière, laissait en creux passer le plus vrai de lui-même : la passion.
François Taillandier

samedi 8 mars 2014

Journée de la femme:
Met du rouge!





Et sinon il va falloir penser à brûler Jacques Brel:
"Mais les femmes toujours ne ressemblent qu'aux femmes
Et d'entre elles les connes ne ressemblent qu'aux connes
Et je ne suis pas bien sûr comme chante un certain
Qu'elles soient l'avenir de l'homme."

vendredi 7 février 2014

Walter Benjamin - Notes sur Baudelaire

p371

La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable...Pour que toute modernité soit digne de devenir antiquité, il faut que la beauté mystérieuse que la vie humaine y met involontairement ait été extraite.

p?

Dans chaque oeuvre d'art véritable, il existe un lieu où celui qui s'y installe ressent un souffle frais pareil au vent d'une aube qui va poindre. Il en résulte que l'art, considéré souvent jusqu'ici comme réfractaire à toute relation avec le progrès, peut servir l'authentique finalité de celui-ci. Le progrès ne se situe pas dans la continuité du cours du temps, mais dans ses interférences: là où pour la première fois quelque chose de véritablement nouveau se fait sentir avec la sobriété de l'aube.

p418
Pour saisir la signification de la nouveauté, il faut revenir à la vie quotidienne. Pourquoi tout le monde communique-t-il à autrui la dernière nouvelle? Vraisemblablement pour triompher des morts. Mais juste quand il n'y a rien de vraiment nouveau.

Le "moderne", le temps de l'enfer. Les châtiments de l'enfer sont toujours la dernière nouveauté qu'il y a dans ce domaine. Il ne s'agit pas de dire qu'il se passe "toujours la même chose", encore moins qu'il serait question ici d'éternel retour. Il s'agit au contraire de dire que le visage du monde, précisément sous l'aspect de la dernière nouveauté reste toujours en tous points la même chose. - C'est ce qui constitue l'éternité de l'enfer. Déterminer la totalité des traits sous lesquels la "modernité" se manifeste, ce serait représenter l'enfer. 

dimanche 1 décembre 2013

Même Mediapart se met à citer Muray (ici). Incroyable! Muray créateur de lien social?

samedi 30 novembre 2013

Sans doute une des raisons pour lesquelles j'ai arrêté la musique contemporaine il y a une quinzaine d'année...

lundi 28 octobre 2013


samedi 19 octobre 2013

lundi 7 octobre 2013

Cette obsession du spectacle vivant, c'est parce que tout le monde est mort?

vendredi 20 septembre 2013

PHILLIPE SOLLERS EST MORT.......PHILIPPE MURAY EST VIVANT




    Incroyable cette interview (ici) de Philippe Sollers. Incroyable de suffisance. « La providence m’aidant… ». Incroyable de banalité également. « J’ai anticipé le fait que la lecture allait disparaître ». Quel nez ! « On assiste au triomphe du capitalisme financier. » Quel pouvoir d’analyse !
Il n'y a plus de littérature mais je continue à éditer nombre de jeunes auteurs talentueux....etc...etc...

    Cela pourrait porter à rire, du moins jusqu'à la question fatidique posée par la perspicace journaliste : « Regrettez-vous d'avoir publié certains auteurs, comme Marc-Édouard Nabe ou Philippe Muray ? » Je retranscris sa réponse telle quelle : « Pas du tout. J’ai publié le meilleur texte de Muray, Le XIXe Siècle à travers les âges. Le problème, c’est quand il a voulu faire des romans inaboutis qui n’ont pas marché, puis il s’est très mal entouré, des gens comme Elisabeth Lévy, Aude Lancelin. Marc-Edouard Nabe avait quelque chose, puis ça a été un suicide. Stéphane Zagdanski aussi. Leur problème, c’est qu’ils ont eu une mauvaise vie. La mauvaise vie, les mauvais partenaires, on ne s’en rend pas tout de suite compte, mais après les sanctions tombent : la maladie, la marginalisation, on devient sous influence… Chez Muray, ça a été catastrophique. » En gros et si je comprends bien, Philippe Sollers insinue que Philippe Muray est tombé malade et qu'il est mort parce qu'il s'est mal entouré et qu'il a cessé d'être édité par Philippe Sollers, qui avait, dans tous les cas, édité son meilleur livre.
Philippe Muray est mort d'un cancer du poumon à l'âge de 60 ans parce qu'il fumait comme un pompier ! Si l'on considère que l'échec conduit à la maladie, alors qu'en est-il de Pierre Desproges, de Jacques Brel et j'en passe? Et qui est-il, ce Sollers, pour juger de ce qu’est une bonne ou une mauvaise vie ?
    D'ailleurs, la réponse ne se fait pas attendre puisque le magazine Causeur, dirigé par Élisabeth Lévy justement, a l'excellente idée de publier chaque mois un extrait du journal de Philippe Muray que je reproduis ici :
« 5 décembre 1985. Ce que veut Sollers, je le comprends enfin, je le savais depuis toujours, ce n’est pas être un grand écrivain, ça ne lui suffit pas. Ce qu’il veut, c’est être le dernier écrivain. Qu’après lui il n’y ait rien. Son aventure, selon lui, ne prendra tout son sens qu’à cette condition. Ce qu’écrivent les autres, si ça ne concourt pas à la réalisation de ce projet, est nuisible. C’est un danger, ou au moins un retard, un atermoiement inutile. L’ennui est que, plus timidement, dans mon coin, avec infiniment moins de moyens (d’où ma discrétion), je pense la même chose. Son agressivité destructrice s’explique par là. Le besoin de maintenir sous sa surveillance n’importe qui, du moment qu’il sent un peu d’originalité virtuelle. La nécessité d’être en éveil tout le temps, jour et nuit. Épuisant probablement. La haine maladive. La gentillesse aussi, la générosité soudaine, comme une surprise qu’il se fait à lui-même. La nécessité, la fatalité de n’avoir plus autour de lui que des larbins obscurs ou des cons célèbres sans aucun danger. La rage folle consistant à jouer l’un contre l’autre tous les écrivains, tout le temps (Roth pour écraser Kundera, en ce moment ; Jean Rhys contre O’Connor à cause de mon penchant, ces derniers mois, pour elle). N’importe quel écrivain, vivant, mort. Tout ça doit disparaître. Vue de l’extérieur, subie péniblement, son attitude est absolument nihiliste. La nullité de ce qu’il publie maintenant dans sa revue et sa collection est également logique. Puisqu’il doit être le dernier. »

    Et quant à moi je préfère fréquenter un mort toujours vivant comme Philippe Muray, plutôt qu'un vivant déjà mort comme Philippe Sollers.







mardi 23 juillet 2013


Finalement, Inna Shevshenko m'aura bien fait rire en déclarant que " maintenant, tous les homophobes, les extrémistes et les fascistes vont devoir lui lécher le cul quand ils voudront envoyer une lettre". Sauf qu'elle ne cherchait pas à être drôle, sauf qu'aujourd'hui on ne lèche plus les timbres, sauf qu'en général quand on lèche un cul, c'est pour le préparer à des choses plus poussées. Mais sinon elle m'a bien fait rire...

ILLUSIONS PERDUES (BALZAC)


P81
L’un des malheurs auxquels sont soumis les grandes intelligences, c’est de comprendre forcément toutes choses, les vices aussi bien que les vertus.

Ces deux jeunes gens jugeaient la société d’autant plus souverainement qu’ils s’y trouvaient placés plus bas, car les hommes méconnus se vengent de l’humilité de leur position par la hauteur de leur coup d’œil.

P130
Les mots beauté, gloire, poésie, ont des sortilèges qui séduisent les esprits les plus grossiers.

P185
Paris n’est pas beau dans ces petites choses auxquelles sont condamnés les gens à fortune médiocre.

P193
Les hommes qui ont tant de choses à exprimer en de belles œuvres longtemps rêvées professent un certain mépris pour la conversation, commerce où l’esprit s’amoindrit en se monnayant, …

P214
Le monde vous dédaigne, dédaignez le monde.

P225
…il se promena le long du trottoir en regardant alternativement l’eau de la Seine et les boutiques des libraires, comme si un bon génie lui conseillait de se jeter à l’eau plutôt que de se jeter dans la littérature.

P234
Le talent est une créature morale qui a, comme tous les êtres, une enfance sujette à des maladies. La Société repousse les talents incomplets comme la Nature emporte les créatures faibles ou mal conformées.

P236
La femme porte le désordre dans la société par la passion.

P241
L’Envie, cet horrible trésor de nos espérances trompées, de nos talents avortés, de nos succès manqués, de nos prétentions blessées, leur était inconnue.

P248
Folie pour folie, mets la vertu dans tes actions et le vice dans tes idées ; au lieu, comme te le disait d’Arthez, de bien penser et de te mal conduire.

P249
Les journalistes

P264
Aussi une critique, faite pour être rétorquée ailleurs, vaut-elle mieux et se paye-t-elle plus cher qu’un éloge tout sec, oublié le lendemain. La polémique, mon cher, est le piédestal des célébrités.

P351
Tu réussiras, mon petit ; mais ne sois pas aussi bon que tu es beau, tu te perdrais. Sois méchant avec les hommes, c’est bon genre.

P401
Les poètes aiment plutôt à recevoir en eux des impressions que d’entrer chez les autres y étudier le mécanisme des sentiments.

P433
…le talent est même longtemps nuisible s’il n’est accompagné d’un certain génie d’intrigue…

P449
…il faut être un grand homme pour tenir la balance entre son génie et son caractère. Le talent grandit, le cœur se dessèche.

P549
Dans les pays dévorés par le sentiment d’insubordination sociale caché sous le mot égalité,

P561
Dans une vie tiède le souvenir des souffrances est comme une jouissance indéfinissable.

P581
…la résignation est un suicide quotidien…

P595
la Société s’est insensiblement arrogé tant de droits sur les individus, que l’individu se trouve obligé de combattre la Société.